Soins oculaires au Congo

Les problèmes oculaires en Afrique ne sont pas fondamentalement différents de ceux rencontrés en Belgique. Là-bas comme ici, les gens souffrent de la cataracte ou du glaucome. Néanmoins, certaines maladies des yeux sont typiques des régions tropicales, comme par exemple la cécité des rivières, une terrible maladie inconnue dans nos contrées.
90 % de toutes les personnes atteintes de la cécité des rivières vivent en Afrique. Le premier responsable : une petite mouche qui sévit le long des rivières tropicales. Par ses piqûres, la mouche transmet des parasites à l’homme qui se dispersent ensuite dans tout le corps dont les yeux. Ces parasites provoquent de graves lésions pouvant mener, à terme, à une cécité irréversible.

Le docteur Hardi, l’ophtalmologue qui travaille au cœur du territoire congolais, examine régulièrement des patients atteints de la cécité des rivières, notamment lors de ses missions sur le terrain, dans des petits villages le long de la rivière Sankuru. A l’échelon mondial, le nombre de patients a fortement diminué au cours des dernières années grâce à l’administration d’un antibiotique préventif. Mais dans certaines régions très isolées de la RD du Congo, les médicaments ne parviennent pas toujours aux habitants.
Pour le docteur Hardi, la situation est particulièrement frustrante : après de multiples années d’exposition, les lésions encourues conduisent à une cécité irréversible et il ne peut plus rien faire pour ces patients. Heureusement, tous les cas ne sont pas aussi désespérés. Grand-mère Natembue par exemple, avait perdu tout espoir.

Aveugle depuis quelques années déjà, elle vit dans une région particulièrement touchée par la cécité des rivières. Plusieurs de ses voisins et aussi des membres de sa famille ont perdu la vue à cause de cette maladie. Grand-mère Natembue ne comprend pas le soulagement du docteur après la consultation. Comme chez beaucoup d’autres patients examinés, les yeux de la patiente présentent des lésions causées par les parasites mais, dans son cas, la principale cause de cécité est la cataracte. Et là, le docteur Hardi peut intervenir.

Le docteur et son équipe opèrent pendant plusieurs jours dans un petit hôpital de campagne improvisé. Grand-mère Natembue fait partie de la trentaine de personnes opérées ces jours-là. Il s’agit surtout de personnes plus âgées qui ont marché pendant des jours pour arriver à l’hôpital.
Mais fort heureusement pour la plupart, l’épuisant voyage n’a pas été accompli en vain. Alors qu’elle n’y croyait plus vraiment, grand-mère Natembue a retrouvé la vue après son opération de la cataracte. Elle rit aux éclats lorsque l’infirmier enlève son pansement même si elle ne peut distinguer que des formes et des couleurs dans un premier temps. Après quelques minutes, son acuité visuelle s’améliore et elle remercie le docteur Hardi avec beaucoup d’estime.
L’ophtalmologue sourit et remet à la patiente une boîte d’antibiotiques pour combattre les parasites qui causent la cécité des rivières. Il lui explique qu’il est essentiel qu’elle prenne les médicaments à titre préventif car sinon elle pourrait tout de même redevenir aveugle.

La cataracte, le glaucome, la cécité infantile, la cécité des rivières sont des maladies oculaires qui continuent malheureusement à rendre aveugle dans certaines régions d’Afrique. Pourtant, elles sont relativement faciles à soigner par un traitement médicamenteux administré à temps, par une opération chirurgicale relativement simple pratiquée à un stade précoce, par de la prévention et sensibilisation. Mais en Afrique, d’importants groupes de la population n’ont malheureusement aucun accès aux traitements, aux médicaments et aux médecins. Lumière pour le Monde essaye tant que mal de soulager les populations les plus vulnérables.

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