Robert revoit le visage de ses petits-enfants

Robert et son petit-fils Collins après l'opération de la cataracte

Robert revoit le visage de ses petits-enfants

Il ne fait aucun doute que notre travail a un grand impact sur la vie des patients les plus vulnérables en Afrique. C’est ce que montre le récit de Robert.

Le grand-père tanzanien n’a qu’un seul souhait pour cette nouvelle année : revoir le visage de ses petits-enfants.

Robert et sa famille près de chez eux

Robert a des problèmes aux yeux depuis près de deux ans. « D’abord, c’était comme si je me trouvais en permanence dans le brouillard. Maintenant, c’est comme si je traversais sans arrêt un nuage de fumée opaque. »

Le diagnostic de la cataracte bilatérale avait été communiqué à Robert il y a quelque temps déjà, mais la peur de l’opération l’avait empêché de se faire opérer. « Je voyais encore un tout petit peu de l’œil droit mais, comme maintenant je ne vois plus rien du tout, je n’ai plus rien à perdre. »

La peur est un obstacle important dans l’accès aux soins oculaires. Sur le terrain, nos travailleurs communautaires et nos ophtalmologues s’efforcent d’informer correctement les patients et de les convaincre de l’importance d’une intervention chirurgicale rapide.

Robert souffre de la cataracte

Grand-père Robert n’aurait jamais dû être aveugle, mais il l’est et dorénavant il est prêt à se rendre à l’hôpital. Accompagné de son petit-fils Collins, il nous confie avec regret : « Je ne peux plus me déplacer seul, je parviens péniblement à atteindre le lopin de terre qui longe ma maison et cela uniquement parce que je connais le chemin par cœur. Pour le reste, j’ai constamment besoin d’aide. Parfois, je ne parviens plus à m’orienter et je ne retrouve pas la porte de la maison. »

Lui et son petit-fils arrivent finalement à l’hôpital KCMC. Lumière pour le Monde soutient le service ophtalmologique de cet hôpital. Les ophtalmologues y effectuent chaque année plus de 35.000 consultations et 3.000 opérations.

Robert sur une table d'opération

Peu avant l’opération, Robert apparaît quelque peu soucieux dans la salle d’attente. Il essaie de cacher son inquiétude en riant des plaisanteries de son petit-fils qui le taquine. Il traîne un peu les pieds lorsqu’il prend le bras de l’infirmière qui le conduit à la salle d’opération. Cependant, à peine un quart d’heure plus tard, il réapparaît, l’œil droit couvert d’un pansement oculaire blanc. L’ophtalmologue confirme que l’opération s’est parfaitement déroulée.

Robert assis sur un banc avec un pansement oculaire

Le matin suivant, l’infirmière enlève le pansement et Robert cligne rapidement des yeux, ébloui par la lumière du soleil intense qui pénètre dans la chambre. Il regarde autour de lui et aperçoit son petit-fils, qu’il embrasse chaleureusement. Le vœu de Nouvel An de Robert s’est réalisé : il revoit son petit-fils pour la première fois depuis bien longtemps.

Robert sans son pansement oculaire

Une simple opération qui ne dure pas plus d’un quart d’heure et ne coûte que 52 euros a fait toute la différence pour Robert. Une demi-heure après le retrait du pansement, le grand-père arpente les couloirs de l’hôpital d’un pas assuré, la tête haute. Il a retrouvé son autonomie et peut à nouveau participer activement à la vie de sa famille.

Cette opération n’a été possible que grâce à votre soutien. Faites maintenant un don. Nous pourrons ainsi rendre la vue à de nombreux autres patients comme Robert en 2019.

Photos : Jef Boes.

Robert sourit car il peut voir à nouveau