Il parcourt 850 km pour se soigner

Il parcourt 850 km pour se soigner

En République Démocratique du Congo, près de 770.000 personnes souffrent de cécité, dont près de la moitié des cas est liée à la cataracte. Dans de nombreux villages du Congo, les personnes atteintes de cécité n’ont pas accès à des soins médicaux adaptés et sont souvent livrées à elles-mêmes car leurs proches n’ont pas les moyens de s’en occuper.

Né à Elonga, un petit village de la province de Sankuru en République Démocratique du Congo, Nyamala-Asho Célestin est un cultivateur de 55 ans. Avec son épouse, il s’occupe de leurs enfants et petits enfants. Atteint de diabète depuis 2014, il voit peu à peu sa vision s’embrumer jusqu’à devenir complètement aveugle.

Démunie face à cette mystérieuse maladie et mal informée sur son traitement, la famille de Papa Célestin consulte d’abord le grand féticheur du village, puis des prophètes et pasteurs locaux. Tous lui prescrivent des produits (parfum, jus de citron…) parfois dangereux qu’il doit s’instiller dans les yeux. Des remèdes qui lui font plus de tort que de bien.

Un jour, la sœur de Papa Célestin lui parle d’un médecin qui guérit miraculeusement des aveugles dans les villages. Elle lui conseille de se rendre à la clinique ophtalmologique Saint-Raphaël de Mbuji-Mayi, située non loin de chez elle, un établissement soutenu par Lumière pour le Monde depuis 2009.

Étant donné le coût élevé des moyens de locomotion dans la région et l’absence totale de transports publics, il n’y a pas d’autre option que de se déplacer à pied. Avec son épouse et son frère, Papa Célestin entreprend donc une longue marche. Affamé et sans toit, l’homme est très souvent obligé dormir à la belle étoile sur sa petite natte car les habitants qu’il rencontre ont peur de le laisser entrer chez eux. Les peurs et superstitions autour de la cécité sont encore bien présentes en Afrique.

Après plus d’un mois de route et 850 km parcourus, Papa Célestin est finalement reçu par l’équipe du Dr Richard Hardi, surnommé le « docteur miracle » dans la région, qui lui diagnostique aussitôt une cataracte bilatérale. Grâce à une opération qui dure seulement un quart d’heure, Papa Célestin recouvre rapidement la vue qu’il avait perdue il y a quatre ans !

Euphorique, il n’a de cesse de remercier Richard et son équipe, et leur demande de visiter son village, où de nombreux habitants sont aveugles comme lui.

Une opération de la cataracte coûte 52 euros pour un adulte et 150 euros pour un enfant. Ces sommes sont dérisoires lorsque l’on constate l’impact d’une telle opération sur la vie de ces personnes et de leur famille. Le soutien de nos sympathisants est vital pour la poursuite de nos projets. Grâce à votre générosité, nous rendons accessibles des soins oculaires de qualité aux populations les plus vulnérables.