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Covid-19 : impact sur notre travail en Afrique

Covid-19 : impact sur notre travail en Afrique

Cette mise à jour a été publiée le 9 avril 2020.

Le monde entier est actuellement confronté à une crise sanitaire sans précédent. Pour la RDC, le Rwanda et la Tanzanie, les pays où Lumière pour le Monde est active, la COVID-19 présente également un grand danger.

Les Congolais, par exemple, ont trois fois plus de chances que les Européens de l’Ouest d’être exposés à une épidémie, mais six fois moins de chances d’avoir accès à des soins de santé. (1)

Kabgayi, Rwanda : la température de chaque patient est mesurée.

De nombreux habitants des pays où nous travaillons ne possèdent pas les ressources suffisantes pour lutter contre la pandémie. Ils n’ont pas accès à de l’eau propre pour pouvoir se laver les mains. Il y a une pénurie de matériel médical et de personnel qualifié. La sécurité sociale sur laquelle ils peuvent compter est inexistante. De plus, la majorité de la population a besoin d’ « emplois informels » pour survivre. Il est donc très difficile d’exiger de ces personnes qu’elles se conforment à des mesures de confinement strictes.

Ajoutons que la crise du coronavirus touche principalement les personnes que Lumière pour le Monde s’efforce de protéger : les plus vulnérables, les plus pauvres et celles atteintes d’un handicap. Les femmes atteintes d’un handicap sont particulièrement exposées à des risques élevés. Elles n’ont pas accès à l’éducation et l’information. Elles sont davantage exposées à la violence liée au genre, occupent souvent une position économique déjà vulnérable et peuvent compter sur moins de personnes pour les soutenir. Isabelle Verhaegen, directeur de Lumière pour le Monde développe ce propos :

« Pour lutter contre la COVID-19, il est nécessaire de donner à tous un accès à des informations correctes et des soins de santé de qualité, indépendamment du lieu où l’on vit, de son genre, de ses revenus et du fait ou non que l’on soit atteint d’un handicap. »

Impact sur nos cliniques ophtalmologiques partenaires en RDC, au Rwanda et en Tanzanie

Nos ophtalmologues continuent de traiter les patients atteints de problèmes oculaires urgents.

Nos cliniques ophtalmologiques partenaires en RDC, au Rwanda et en Tanzanie restent ouvertes pour le moment afin de fournir des soins oculaires urgents. Les équipes médicales traitent principalement les patients souffrant de traumatismes, d’infections, de pertes soudaines de la vue. Ceux qui risquent une cécité définitive. Bien entendu, ces équipes ont adapté leur fonctionnement à la situation et prennent des mesures d’hygiène supplémentaires.

Les patients sont aussi davantage informés. Avant d’entrer dans la clinique, ils doivent se laver les mains et leur température est mesurée. Certaines activités planifiées, telles que les cliniques mobiles, ont été suspendues pour le moment.

Une réduction sensible du nombre de patients est observée dans nombre de nos cliniques partenaires. Par exemple, à la clinique ophtalmologique de Kabgayi, au Rwanda, l’équipe médicale ne reçoit qu’une trentaine de patients par jour au lieu de plus d’une centaine. Cette forte baisse aura sans aucun doute un impact important sur les revenus propres de nos cliniques partenaires.

Programme d’éducation inclusive suspendu

En RDC, au Rwanda et en Tanzanie, toutes les écoles sont également fermées. Nuru, l’école pour enfants aveugles de Lubumbashi, en RDC, a fermé ses portes. Les élèves qui vivent loin de chez eux restent dans l’internat de l’école. La forte hausse des prix des denrées alimentaires a des conséquences désastreuses pour l’école, qui doit continuer à subvenir aux besoins de ces enfants.

Le programme d’éducation inclusive à Lubumbashi (RDC), Ifakara (Tanzanie) et Kabgayi (Rwanda) a également été suspendu temporairement.

Hausse des prix des denrées alimentaires

Isabelle Verhaegen : « Le coronavirus aura non seulement un impact sur la santé des personnes les plus vulnérables en Afrique, mais aussi des conséquences socio-économiques encore plus importantes. »

La crise du coronavirus a entraîné une hausse des prix des denrées alimentaires dans plusieurs pays africains. Celle-ci touche particulièrement les personnes à faibles revenus. Dans ces pays, certaines d’entre elles sont confrontées à un choix draconien : tomber malade à cause du coronavirus ou mourir de faim.

L’objectif principal de notre organisation est de fournir aux personnes les plus vulnérables et pauvres des soins oculaires de qualité. C’est pourquoi, aujourd’hui plus que jamais, nous constatons l’importance de notre service social. Dans chacune de nos cliniques partenaires, un service social veille à ce que toutes les personnes atteintes d’un problème oculaire reçoivent un traitement, même les plus pauvres.

Maintenant que les cliniques elles-mêmes s’apprêtent à ressentir l’impact financier du coronavirus, il est essentiel que nous, en tant qu’organisation, continuions de faire fonctionner ces services sociaux.

Le soutien de nos fidèles donateurs sera donc plus que jamais essentiel. Chaque contribution apporte une aide précieuse à notre organisation : faites un don aujourd’hui.

Toute l’équipe de Lumière pour le Monde est plus motivée que jamais de rendre les soins oculaires accessibles aux personnes les plus vulnérables. Nous remercions sincèrement notre personnel médical et administratif en RDC, au Rwanda et en Tanzanie pour son engagement et courage.

 

(1) INFORM – Index for Risk Management, https://drmkc.jrc.ec.europa.eu/inform-index